Freudvoll und leidvoll, gedankenvoll sein
Langen und bangen in schwebender Pein
Himmelhoch jauchzend, zum Tode betrübt
Glücklich allein ist die Seele, die liebt

Johann Wolfgang von Goethe
Egmont 1788

Presented at MachinimUWA 2013

Music

Egmont Overture Op. 84 by Ludwig van Beethoven
More about Egmont

Lyrics

Au fond d’une guitare enragée à l’automne
Il y avait du sang comme un dièse mouille
C’était à Bonn au détour d’une rue…

S’il fallait parler de cette romance en allée dans la rue
Avec ses habits du dimanche
Alors que la semaine s’étire on ne peut mieux, au bout de l’incertain et du tragique
S’il fallait chanter cet éternel recommencement qui tient de l’habitude et du savoir constant vérifié par les arbres
Par les crépuscules teints
Par les regards cachés derrière la pensée perverse ou religieuse
S’il fallait dire un peu de cette insouciance et qui nous mène au jardin des faillites et de la solitude
S’il fallait… S’il fallait…
Alors remonterait du fond de nos cagibis inconscients
Du fond de notre vouloir le plus profond
La certitude,
Le temps précis et incalculé et toujours indemne,
Alors s’emballerait notre habitude retenue par la défense de s’insurger, de s’éprendre, de s’illusionner.
Coriolan n’était qu’un prétexte. Egmont? Parlons-en.
Tu te souviens?

Sur cette plage toute en graviers
Cette plage défaite au nom d’une certaine compromission entre la mer et le spectacle
Cette plage que tu voulais défaite et soumise à ton imaginaire chorégraphie d’enfant seul et triste
Tu t’en souviens?
Et tu chantais… et tu chantais… et tu chantais…
Et tu pensais qu’Egmont c’était la mer, le drame, les larmes,
La beauté de cet instant fabuleux de solitude exaucée
Tu l’avais dit, et tu l’avais crié à ce prof impotent du verbe et de la grâce, et tu t’étais caché parce que tu étais seul au monde, et vaincu, et grinçant contre l’imbécillité secourue et protégée par la loi et par le nombre.
Depuis, Egmont me remonte comme la mer après ses descentes impitoyables au fond des enfers et de la nature fidèle.
Egmont, comme une source bienheureuse et coulant comme une génération tout entière de bienfaits uniques, parce que tu es l’Unique
Parce que je t’ai donné l’Unique et ce Temps
Qui s’est arrêté au bord de la seule invention de l’homme…
Devine!

L’illusion s’arrange et s’indemnise au mieux de l’imaginaire et de la folie.
Je m’illusionne et je pars m’illustrant moi-même et me regardant à travers le style enfin parcouru au long de tous ces silences, de toutes ces vicissitudes interpolées par des copistes dont je me fais le modèle transmis d’on ne sait où et, sans doute, par voix orale.

Quand je parle à l’illusion je suis à Bonn sous-traitant la quatorzième symphonie chez un archiduc de mes prétendants…
Je vais alors et maintenant vers l’horizon blafard et souriant peut-être, parce que de mon oeil jusqu’à son désir de paraître il n’y a probablement qu’une intention d’architecte.
Ce que je vois se perd.
Ce que j’instrumente ne peut qu’être perdu aussi.
L’instinct du hautbois est une crécelle inventée par des lèvres secourues.
Le vent, d’habitude, s’informe de ses perverses possibilités et se retrouvera bientôt dans le plan général de ces bois vertueux et grinçants rien qu’à l’idée de se protéger tout en haut, à l’aigu, se défendant aussi de la fable contrapunctique, et apprise sur les bancs de l’informe et de la décadence.
Le chant… le chant… et cette vertueuse passion qui ne va jamais au bout de la relative inversion, dans le moins, que l’on ne découvre qu’à force de bienfaits dans l’outrage et dans le sacrifice propitiatoire.
Un peu comme la terreur obligée du stupre et de la revendication.
Je sais des formules apprises. Je leur crachais dessus.
Je sais des impossibilités pratiques. Je les décontenançais à force d’incroyable.
L’incroyable, c’est la porte de secours que je poussais quelquefois, et personne jamais ne s’en est aperçu.
La perversion m’obligeait à me rendre tel que les pervers pouvaient m’imaginer, et encore… Cette perversion tellement cachée au fond des mers conscientes revues et corrigées par le cynisme des lois de préférence pénales,
je l’entendais au fond de moi, comme les accords de la Neuvième que j’avalais de travers parce qu’engloutis pêle-mêle dans ma bouche auriculaire, et je la rendais à qui de droit, je veux dire aux inadaptés de l’esprit.
Ils croyaient que je me trompais alors que Stravinski c’était déjà moi.
Avec le sourire en plus. Enfin… ce sourire tout près de vos larmes. Il faut bien concéder. Ça favorise et ça trompe les historiens.

J’allais jouer à la marelle, avec trente-deux cases.
La sonate pour piano, c’est une démission de joueur.
Quand Dieu se masturbe, il met du cassis dans ton vin blanc et tu jouis en même temps que lui, à cela près que Dieu c’est toi aussi.
Vous n’êtes rien moins que les informes copies de votre propre imagination.
Lorsque tu imagines, tu crois être dans le spectacle alors que le spectacle te regarde et te vérifie.

Quand je transpirais auprès de Térésa, elle prenait ça pour du génie. Mon génie c’était justement de m’arrêter à temps, au bord du non-dit et de l’informulé.
Tu sais bien que Rembrandt n’a jamais dessiné que des fadaises. Si tu voyais ce qu’il voyait tu t’arracherais mes oreilles.
Nous sommes d’un monde non édifié et que nous sommes seuls à parcourir, encore qu’il y faille un peu de désordre aussi et de cette indicible beauté qu’on ne dit même pas en musique ou au fusain et que nous immolons chaque soir avant de parcourir l’inédit et la fantastique pâleur du silence et de l’objective inanité.
Le néant, vraiment, finit par avoir une consistance, tellement nous nous en informons, tellement nous le parlons avec nos mots et nos idées, alors que l’idée même en est transfigurée par nos sens et notre dérisoire entendement.
Coriolan n’était qu’un prétexte. Egmont? Parlons-en
Tu te souviens?
Sur cette plage toute en graviers
Cette plage défaite au nom d’une certaine compromission entre la mer et le spectacle,
Cette plage que tu voulais défaite et soumise à ton imaginaire chorégraphie d’enfant seul et triste, tu t’en souviens?
Et tu chantais… et tu chantais… et tu chantais…
Et tu pensais qu’Egmont c’était la mer, le drame, les larmes, la beauté de cet instant fabuleux de solitude exaucée, et tu l’avais dit, et tu l’avais crié à ce prof impotent du verbe et de la grâce,
Et tu tétais caché parce que tu étais seul au monde, et vaincu, et grinçant contre l’imbécillité secourue et protégée par la loi et par le nombre.

Depuis, Egmont me remonte comme une source bienheureuse et coulant comme une génération tout entière de bienfaits uniques,
Parce que tu es l’Unique
Parce que je t’ai donné l’Unique
Et ce Temps qui s’est arrêté au bord de la seule invention de l’homme
La douleur.

Lyrics Translation

At the bottom of an enraged guitar in the fall
There was blood like a sharp wet
It was in Bonn at the corner of a street …

If we had to talk about this romance in the alley on the street
With his Sunday clothes
While the week stretches could not be better, after the uncertain and tragedy
If it were necessary to sing this eternal repetition which stems from the habit and constant knowledge verified by the trees
By dusk twilight
By the hidden looks behind perverse or religious thought
If we had to say a little of this carelessness and which leads us to the garden of bankruptcies and loneliness
If we had to … If we had to …
Then would go back from the bottom of our unconscious cagibis
From the depths of our deepest will
Certainty,
The precise and incalculated time and always unscathed,
Then our habit, restrained by the defense of rising, of falling into love, of falling into delusion.
Coriolanus was only a pretext. Egmont? Let’s talk about it.
Do you remember?

On this beach all gravel
This beach defeated in the name of a certain compromise between the sea and the show
This beach you wanted to defeat and submitted to your imaginary choreography child alone and sad
You remember it?
And you were singing … and you were singing … and you were singing …
And you thought that Egmont was the sea, the drama, the tears,
The beauty of this fabulous moment of solitude answered
You had said it, and you had shouted it to that impotent professor of the word and of grace, and you had hidden yourself because you were alone in the world, and vanquished, and grating against the imbecility rescued and protected by The law and by the number.
Since then, Egmont has ascended to me like the sea after his pitiless descent into the depths of hell and of faithful nature.
Egmont, as a blessed spring flowing like an entire generation of unique benefits, because you are the One
Because I gave you the Unique and this Time
Who stopped at the edge of man’s only invention …
Guess!

The illusion is arranged and compensated to the best of imagination and madness.
I deceive myself and I leave illustrating myself and looking at myself through the style finally traveled through all these silences, all those vicissitudes interpolated by copyists whose model I conveyed from no one knows where And, no doubt, by oral voice.

When I talk to the illusion I am in Bonn subcontracting the fourteenth symphony to an archduke of my suitors …
I go now and now towards the horizon pale and smiling perhaps, because from my eye to its desire to appear there is probably only one intention of architect.
What I see is lost.
What I am instructing can only be lost too.
The instinct of the oboe is a rattle invented by rescued lips.
The wind, as usual, inquires about its perverse possibilities and will soon find itself in the general plan of these virtuous and grinding woods just by the idea of ??protecting itself at the top, at the high, also defending itself Of the contrapuntal fable, and learned on the banks of formlessness and decadence.
The song … the song … and that virtuous passion that never goes to the end of the relative inversion, at least, that one discovers only by dint of benefits in outrage and in the propitiatory sacrifice .
A bit like the forced terror of stupor and demand.
I know formulas learned. I spit on them.
I know of practical impossibilities. I disconcerted them by dint of incredible.
The unbelievable is the emergency door I used to push, and no one ever saw it.
Perversion obliged me to surrender to myself as the perverts could imagine me, and again … This perversion so hidden in the depths of the conscious seas, reviewed and corrected by the cynicism of the laws of penal preference,
I heard it in the depths of me, like the chords of the Ninth that I swallowed wrong because I swallowed pell-mell in my auricular mouth, and I returned it to who by right, I mean to the unsuitable ones of the ” mind.
They believed that I was mistaken when Stravinsky was already me.
With a smile. At last … that smile close to your tears. It must be conceded. It fosters and deceives historians.

I was going to play hopscotch, with thirty-two boxes.
The piano sonata is a player resignation.
When God masturbates, he puts blackcurrant in your white wine and you enjoy at the same time as him, except that God is you too.
You are nothing less than the shapeless copies of your own imagination.
When you imagine, you think you are in the show while the show looks and checks you.

When I sweated with Teresa, she took it for genius. My genius was precisely to stop me in time, on the brink of the unspoken and unformulated.
You know that Rembrandt never drew anything but nonsense. If you saw what he saw you would tear out my ears.
We are of an unedited world that we are alone to traverse, although there is a little disorder also and this unspeakable beauty that is not even said in music or charcoal and that we immolate each evening Before traversing the unpublished and fantastic pallor of silence and objective inanity.
Nothing, really, ends up having a consistency, so much we are aware of it, as we speak it with our words and our ideas, whereas the idea itself is transfigured by our senses and our derisive understanding.
Coriolanus was only a pretext. Egmont? let’s talk about it
Do you remember?
On this beach all gravel
This beach defeated in the name of a certain compromise between the sea and the show,
This beach that you wanted to defeat and subjected to your imagination choreography child alone and sad, you remember?
And you were singing … and you were singing … and you were singing …
And you thought that Egmont was the sea, the drama, the tears, the beauty of this fabulous moment of solitude answered, and you had said it, and you had shouted it to this impotent teacher of the verb and the thanks,
And you were hidden because you were alone in the world, and defeated, and grating against the imbecility helped and protected by law and by number.

Since then, Egmont has taken me back as a blessed spring flowing as a whole generation of unique blessings,
Because you are the One
Because I gave you the Unique
And this Time which stopped at the edge of the one invention of man
Pain.

Filmed in Second Life

Elysion – Les Reves
Build and designed by Syn Beresford

Black Spot Shipyard
Build by Lia Woodget

University of Western Australia

Second Life Machinima
A Theatrical Reflection

MachinimUWA VI
http://www.uwainsl.blogspot.com.au/2013/03/reflections-machinimuwa-vi-launches.html

Avatars

“Juan”, “Old Man With Pipe”, “Old Timer”, “Spanish Governor” from Sail Away Project
By courtesy of Rafale Kamachi, RomTheRom Freenote

Jewelry
By courtesy of Rafale Kamachi

Ship “Ghost”
Black Spot Shipyard by Lia Woodget

They talk about Egmont

Quand Lavender – MachinimUWA VI Winners